Révolutionnaire, la blockchain ?

Sujet(s) :
Industrie 4.0
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Blockchain est devenu, en 2017, le deuxième mot le plus recherché sur le web.

Concentrons-nous aujourd’hui sur ses fonctionnalités plus que sa popularité pour identifier ce qu’elle peut apporter à nos entreprises.

Qu’est-ce que la Blockchain ?

Le mathématicien Jean-Paul Delahaye décrit la technique de blockchain comme « un très grand cahier, que tout le monde peut lire librement et gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire, mais qui est impossible à effacer et indestructible.”

Dans ce référentiel, partagé par un ensemble d’acteurs, chaque transaction (information brute) est enregistrée dans un block et chaque block est connecté au block précédent et au suivant, de manière irréversible et infalsifiable grâce à un procédé cryptographique.

Cette base de données est distribuée sans intermédiaire : les données sont accessibles et diffusées à tous les participants de son écosystème. Il existe des blockchains publiques qui sont ouvertes à tous et des blockchains privées, dont l’accès et l’utilisation sont réservés à ses acteurs.

Le concept de blockchain a fait son apparition en 2008, par le biais du système des cryptomonnaies, notamment de la monnaie virtuelle bitcoin.

Les atouts de cet outil décentralisé, hyper sécurisé et transparent, laissent entrevoir aujourd’hui, des applications qui dépassent le cadre monétaire.

Un récent rapport publié par Capgemini Research Institute a d’ailleurs révélé que, d’ici quelques années, la technologie de blockchain va s’imposer dans des secteurs majeurs de l’économie.

A quoi ça sert la blockchain ?

Utile pour transférer des actifs comme les monnaies, titres, actions, obligations, le système de blockchain promet également une meilleure traçabilité des produits en facilitant la recherche des sources d’information dans le système.

Certains projets blockchain ont donc pour but de suivre et d’assurer la provenance des matières premières afin de réduire les coûts de la chaîne d’approvisionnement et les risques de fraude. C’est bien sûr, sans compter la création de valeur pour le consommateur qui a accès à des informations sur la composition nutritionnelle des produits et potentiellement la présence d’allergènes et de substances mises au ban par l’opinion publique et leur traçabilité.

Quelques exemples :

Bureau Veritas et IBM sont intervenus sur la thématique lors de la 11ème édition d’AGROVIF. Leurs témoignages ont montré qu’avec une méthode classique, assimilant flux papier et informatique, retracer l’origine d’un produit peut prendre environ 6 jours alors que la blockchain restitue immédiatement l’information.

Bureau Veritas a développé une solution blockchain destinée aux industries de  l’agroalimentaire garantissant une traçabilité sur toute la chaîne d’approvisionnement visible pour le consommateur. Un logo spécifique est apposé sur les produits.

Carrefour est en train de déployer pour chacune de ses Filières Qualité le principe de blockchain avec un modèle de données différent pour chaque production. L’idée est d’arriver, à terme, à l’interopérabilité de toutes ces blockchains.

L’enseigne de grande distribution a rejoint les acteurs engagés dans la construction de la plateforme IBM Food Trust avec comme objectif la mise en place d’un standard mondial de traçabilité alimentaire entre l’ensemble des maillons de la chaîne, depuis le producteur jusqu’aux circuits de distribution. 

Blockchain et VIF ?

Accompagner votre projet blockchain

En tant qu’éditeur de logiciels, nous n’intervenons pas directement auprès des acteurs de la blockchain. Par contre, nous accompagnons nos clients qui souhaitent se lancer ou qui sont eux-mêmes sollicités par leurs clients, GMS, pour répondre à leurs cahiers des charges dédiés au sujet.

Préparer avec vous un projet blockchain

Nous pensons qu’un projet de blockchain doit correspondre à un besoin métier, résoudre un problème.

Constituer un vrai écosystème autour du projet avec un cadre, des standards et une certaine flexibilité pour faire face aux changements réglementaires qui se profilent est un prérequis essentiel.
Car cette technologie en est à ses prémices, elle doit se stabiliser et se normaliser.

Qui paie ? Qui décide ? Quelles règles appliquer ?

Plusieurs points posent en effet question :

  • I’incertitude réglementaire est un premier obstacle à son adoption;
  • le coût : stockage, hébergement qui prend en charge ? Beaucoup d’entreprises attendent qu’un modèle dominant fasse son apparition;
    et le filtrage des droits d’accès peut poser la question d’un équilibre à trouver entre la volonté de transparence des données et la gestion de certaines exceptions.

L’Assemblée Nationale et des organismes de certification comme ISO et AFNOR ont constitué des groupes de travail pour étudier le sujet.

Selon le Cabinet Gartner, la technologie de blockchain atteindra son niveau de maturité pour des mises en production réelles et à grande échelle d’ici 3 à 5 ans.

Force est de constater, néanmoins, que si l’on attend que le niveau de maturité soit atteint, il peut être déjà trop tard.

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Claire MAESTROJUAN

Consultante

Enthousiaste et déterminée dans tout ce que j'entreprends, chaque projet mené en équipe Client/VIF est une nouvelle occasion de faire mûrir les organisations et leurs acteurs.