MOM et/ou MES ?

Marketing pur ou vraie différence ?

Sujet(s) :
Industrie 4.0,  MES
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Sommaire

Les différents acteurs de l’écosystème industriel utilisent souvent les acronymes MES et MOM pour parler de l’informatique dans les ateliers. Certains vous expliquent que c’est la même chose. D’autres que cela représente des fonctionnalités et des périmètres différents, ou bien que le MES est une partie du MOM. Enfin certains, la plus grande majorité à vrai dire, ne savent pas vraiment.

Et bien parlons-en et essayons de vous donner des éléments qui vous permettront de vous forger votre propre opinion.

MOM/MES définitions

Quelles sont les définitions littérales de ces 2 acronymes ?

  • MES : Manufacturing Execution System
  • MOM : Manufacturing Operations Management

Le MES créé par le MESA (Manufacturing Enterprise Solutions Association) dans les années 1980,  a pour fonction initiale de faire le lien entre l’outil de production et la gestion de production de l’ERP.

Le MOM est apparu un peu plus tard né du besoin de qualifier toutes les opérations concernées dans la production et d’en avoir une vision globale, sans faire référence à un logiciel. L’ensemble de ces opérations se retrouve dans la modélisation ISA-95 du même MESA.

Dans les deux cas, on parle bien de production. Ensuite, nous avons une différence sur les termes utilisés.

Pour le MES, c’est système d’exécution, un système qu’on pourrait assimiler à un logiciel. Pour le MOM, c’est management (ou gestion) des opérations, qu’on pourrait donc qualifier de méthodologie de gestion des opérations de production.

Mais l’équation est-elle si simple ?

MES = MOM + logiciel ?

Beaucoup des spécialistes du MESA font ce constat. Si on rajoute application ou système à MOM, on obtient le MES.

MOM versus MES : points communs et différences ?

Même si les spécialistes du MESA et certains éditeurs assimilent les deux acronymes à la même solution, on peut quand même noter, de manière générale, que quand les fournisseurs de logiciels parlent de MOM, celui-ci a un périmètre plus large que le MES.

Cela tient à plusieurs phénomènes :

  • Les nouvelles générations de logiciels de production ont tendance à assurer plus de fonctionnalités que les premiers MES, comme la maintenance ou la qualité.
    Afin de différencier ces offres de celles plus anciennes, les éditeurs se sont mis à les appeler MOM.
  • De plus en plus, la performance d’une usine est vue de manière globale, intégrant les flux logistiques de manière plus large. Le MOM, dans ce cas, permet d’identifier des solutions MES mais aussi d’y intégrer des solutions Supply comme la planification ou l’ordonnancement.
  • Il arrive que la gestion de production des ERP ne soit pas assez riche pour gérer les spécificités de l’outil de production, particulièrement dans les secteurs complexes comme l’agroalimentaire.
    Cela oblige le système MES à assurer une partie de la gestion de production pour modéliser de manière plus précise les gammes et nomenclatures. On parle souvent dans ce cas de MOM.

Autre affirmation possible :  dire que le MOM intègre l’ensemble du pilotage des opérations de l’usine au sens large : management des hommes, organisation, logiciels, gestion des flux.

MES/MOM : quelles évolutions ?

Tout le monde le dit, l’industrie est en train de changer, et ce de manière exponentielle.

Les industriels doivent répondre à des défis toujours plus complexes :

  • une personnalisation croissante pour répondre aux besoins du marché,
  • des délais raccourcis par la réduction/transformation de la chaîne de distribution,
  • des process de plus en plus automatisés et complexes,
  • une multiplication des acteurs et des solutions,
  • une mondialisation des flux,
  • des consommateurs toujours plus exigeants (sécurité, traçabilité).

Les nouvelles technologies de l’industrie 4.0 (IOT, BIG DATA, …), bien que parfois présentées comme telles, ne sont pas le remède miracle à tous ces défis.

C’est par une vision globale de l’ensemble des flux et des opérations que les industriels vont pouvoir déterminer les leviers qui vont leur permettre de piloter et d’optimiser leur production.

Dans ce sens, la mise en place d’une solution MES comme MOM (peu importe le nom au final) permet de structurer sa démarche en modélisant les différents flux et opérations de production.
Elle amène aussi à réfléchir sur la définition d’indicateurs clés pour sélectionner les informations à capter et privilégier les données pertinentes.

Mais grâce à ces nouvelles technologies, les futurs MES/MOM seront plus intelligents, rapides, connectées pour traiter et restituer des données toujours plus détaillées et qualifiées.  Elles seront aussi plus faciles à utiliser, notamment dans des contextes de mobilité.

Leurs périmètres va certainement s’élargir pour être plus proches des solutions de planification avec lesquelles elles partagent des données communes. C’est par l’association de l’anticipation et de l’exécution que les industriels optimiseront leur performance et gagneront en flexibilité.

C’est dans ce sens que VIF investit depuis plusieurs années dans le développement de solutions Best Of Breed SCP (Supply Chain) et MES s’appuyant sur un socle commun pour plus d’efficacité.

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Benjamin ZIVEREC

Chef de marché MES

Passionné, je suis attaché au terrain : du coeur de l'usine à la salle de basket où je coache mes équipes. Fan des oursons au chocolat CEMOI, je peux manger un paquet entier en un temps record.